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EDITIONS CONSEILS MANDRON

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Journée de secteur à l’Abbaye de Reigny le 6 avril 2014

Thème abordé : la doctrine sociale de l’église avec comme conférencier le Père Michel Anglarès, prêtre diocésain et théologien, en semi-retraite en Bourgogne depuis cette année 2014 et ancien recteur de l’église de La Défense à Paris.

Que retenir des enseignements ?

Le thème portait sur la place du travail, dans les Ecritures, et selon les grands principes de la pensée sociale de l’Eglise.

Lorsqu’on parle du sens du travail dans la Bible, ce n’est pas seulement le travail rémunéré mais toute sorte d’activité, la prière et la liturgie étant à inclure dans cette définition élargie. Dans la Genèse, le premier qui a travaillé, c’est Dieu, créateur de l’Univers. Il s’est même reposé le 7ème

Un bon exemple à suivre ! Il a d’ailleurs trouvé que ce qu’il avait fait était bon, et s’agissant de la création de l’homme, que c’était même très bon. L’homme est ensuite appelé à poursuivre cette création. En faisant mauvais usage de sa liberté, il connaitra la souffrance. On retrouve des références au travail dans plusieurs chapitres de la Bible, dont l’Exode, le Deutéronome, chez Job, St Jacques, St Paul. Ce dernier ira jusqu’à dire que si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas. L’oisiveté est nocive.

En fait, l’homme est appelé à participer à la construction du Royaume de l’amour, c’est-à-dire à évangéliser. Certes, il faut faire fructifier ses talents, et le travail est personnel, mais il ne se conçoit pas sans la perspective du Bien Commun de l’ensemble des hommes.

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Que dit l’Eglise sur le travail ?

Il n’existe pas de distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel. Un travail pénible, quel qu’il soit peut devenir moins pénible, lorsqu’il est aimé. D’où l’importance de lui donner une signification, le considérer comme un don au service des autres, vouloir le bien d’autrui.

Chez les moines, le travail prépare et continue la prière. Chez les protestants, la réussite devient un signe de bénédiction, avec le risque de tomber dans le capitalisme, et de ne considérer que le travail rémunérateur.

Dans les encycliques, le travail a une dimension de don, don de soi-même pour les autres. Benoit XVI dénoncera le culte de l’argent. La justice distributive rétablit les équilibres, en donnant sa chance à chacun. Nous sommes responsables les uns des autres. Le don n’est pas exclusif du profit.

Dans l’économie sociale et solidaire, encouragée par le pape Benoit XVI, la solidarité existe sans que la notion de profit ne soit le seul moteur du travail. Dans les micro-crédits par exemple, on ne prête pas qu’aux riches ! On combine le sens et la performance, la rentabilité et le partage, l’activité au service de l’intérêt général.

Le primat est mis sur la personne humaine.

Il nous faut cependant distinguer l’intérêt général du bien commun. Le bien commun est au service de tous les hommes et de tout l’homme. Rechercher le bien commun, c’est essayer d’attribuer à chacun ce qui lui revient.

Les biens ont une destination universelle : la propriété privée ne peut devenir obstacle à la vie sociale.

Chaque décision doit être prise à son bon niveau, c’est le principe de subsidiarité.

La participation est à rechercher dans tous les milieux du travail, comme créer une osmose entre les étudiants et les entreprises.

La solidarité entre travailleurs invite par exemple les petits commerces à s’unir pour se retrouver dans le commerce en ligne.

Les valeurs fondamentales à respecter dans le travail sont : la justice, la charité, la liberté et la vérité.

Parmi les encycliques sur le travail, la 1ère encyclique sociale, c’est Rerum Novarum de Léon XIII, elle a une valeur prophétique et a été écrite à une époque qui le justifiait, pour défendre les ouvriers. Il y est cité une parole de St Ambroise : « chaque travailleur est la main du Christ qui continue à créer et à faire du bien ».

L’homme a sa dignité et ne peut être réduit à un outil de production. Les jours fériés ont leur importance.

Concernant le droit au travail, Jean Paul II a également demandé que l’Etat favorise le travail sans le régenter. Le chômage doit entrainer une solidarité sociale. Il a également parlé du travail des femmes, des enfants, des immigrés, des agriculteurs etc.

En conclusion, la charité a une dimension interpersonnelle et collective.

Citons deux phrases :

  1. Une de Saint François de Sales dans l’introduction à la vie dévote : « Ce roi de Gloire ne récompense pas ses serviteurs selon la dignité des offices qu’ils exercent mais selon l’amour et l’humilité avec laquelle ils les exercent ».
  2. L’autre du pape François : « Il faut sortir du pur esprit de compétition pour entrer dans une démarche de communion » ». 

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Extrait du Bulletin de Secteur de l’Yonne des Equipes Notre-Dame de juin 2015

Edito du Père Robert Lechien, conseiller spirituel du secteur:

ANNEE DE LA MISERICORDE

Notre Pape François a décidé que l’année 2016  serait une année sainte, consacrée à la Miséricorde. Elle commencera le 8 Décembre 2015 (date qui  nous rappelle  la promulgation de la charte des Equipes Notre Dame) pour se terminer le 20 Novembre 2016, fête du Christ Roi. Année de la Miséricorde ! C’est, bien sûr, la miséricorde de Dieu : ce sera une contemplation  de ce Dieu qui est pardon et qui vient apporter le pardon  de ses fautes à chacun de nous.  « Le pardon de Dieu pour nos péchés n’a pas de limites » (Bulle d’indiction). Comme l’a dit le Pape François dans un de ces « tweet » : «  Le Seigneur ne se lasse jamais de nous pardonner ; c’est nous qui nous lassons de demander pardon » (14 Avril). Parmi toutes les insistances du Pape pour cette année, nous en retiendrons deux :

D’abord, il ne faudra pas oublier que nous obtiendrons le pardon de nos fautes dans la mesure où nous aurons su  pardonner aux autres. Le Seigneur se servira pour notre pardon  de la même mesure dont nous nous sommes servis pour pardonner aux autres. « Le temps est venu pour l’Eglise de retrouver la joyeuse annonce du pardon…Le pardon est une force qui  ressuscite en vie nouvelle et donne   le courage pour regarder l’avenir avec espérance » (Bulle d’indiction).  Le Pape souhaite  que la parole du pardon puisse  parvenir à tous et que l’invitation à faire l’expérience de la miséricorde ne laisse personne indifférent.

Enfin, le Pape souhaite que cette année sainte soit, pour chacun de nous, une année  de proximité plus grande avec les plus pauvres. Il en avait déjà abondamment parlé dans son exhortation : « La joie de l’Evangile » : « Toute communauté de l’Eglise, dans la mesure où elle prétend rester tranquille sans se préoccuper  de manière créative et sans coopérer avec efficacité pour que les pauvres  vivent avec dignité et pour l’intégration de tous , court aussi le risque de dissolution, même si elle parle de thème sociaux ou critique les gouvernements. Elle finira facilement par être dépassée par la mondanité spirituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses, avec des réunions infécondes ou des discours vides » (N° 207).  Chaque équipe verra, pendant cette année, comment  être  présente   à celles et ceux qui sont proches de nous et  qui font partie des « pauvres », sans oublier les grands problèmes actuels auxquels nous sommes confrontés, en particulier celui des migrants (Cf. Exhortation apostolique N° 210)

Il est bon  que nous puissions, durant cette année, contempler ce pardon que Dieu nous donne , spécialement  dans ce sacrement du pardon où nous avons avant tout à nous extasier  devant  la miséricorde de Dieu pour le pêcheur que nous sommes.

Robert LECHIEN

Conseiller spirituel de l’équipe de secteur

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Journée de secteur à SOUCY, le 12 avril 2015 près de SENS, à la Maison Galilée

« C’était le Dimanche de la Miséricorde qui a été choisi pour participer à cette Journée de secteur, idée d’ailleurs reprise lors de l’homélie pendant la messe par le Père Robert Lechien et lors de la conférence de l’après-midi par le Père Jean Tribut sur le thème suivant : « En quoi le pauvre peut-il être un véritable acteur de la Société ? »

Le matin, nous avons accueilli 50 adultes et 28 enfants, sans oublier les animateurs pour les enfants et les 3 conseillers spirituels pour les adultes. Nous avions le plaisir d’accueillir aussi nos responsables régionaux, Pascale et Nicolas de Ste Agathe, venus spécialement de Besançon. Ils nous ont rappelé le bénéfice à retirer d’un engagement au service du Mouvement comme responsables de secteur, puisque nos responsables actuels arrivent en fin de mandat.

Lors de son homélie, le Père Lechien nous a exhortés à « vivre toutes les bonnes choses de la résurrection pour interpeler les autres et pouvoir leur dire un jour que le Christ est ressuscité ». Si nous étions des pêcheurs pardonnés, il n’en restait pas moins que nous ne pouvions pas demander la miséricorde pour nous, si nous ne pouvions pas la donner aux autres.


Le Père Jean Tribut, l’après-midi, s’est attaché à définir les termes du thème, comment était vu le pauvre dans la Bible, ce que disait la doctrine sociale de l’Eglise sur la pauvreté, comment le pauvre pouvait m’évangéliser, être un acteur de ou plutôt dans la société, pour terminer sur l’exaltation du pape François sur « La joie de l’Evangile ».

Dans l’ancien testament, si on reprend les Proverbes et les Psaumes, la pauvreté est un mal, un scandale, car l’homme a été créé pour assumer son pouvoir sur la création et jouir de la richesse de biens matériels et spirituels.

Dans le nouveau testament, Jésus vient apprendre à se détacher de la richesse, il met en garde les riches contre le pouvoir et l’avoir. Au contraire, la pauvreté est le porche d’entrée d’accès aux Béatitudes. Dieu choisit les pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches de la foi. Quelques citations parmi d’autres : « Les pauvres mangeront et seront rassasiés » ou encore « Lui, le riche, s’est fait pauvre à cause de nous, pour que nous devenions riches de sa pauvreté ». La pauvreté est donc indispensable pour se convertir.

Le Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise évoque ce thème dans ses articles 158, 182, 447, 449, et 482 (à lire ou relire).

Comment le pauvre peut-il m’évangéliser ? A l’imitation du Christ, notre référence, nous sommes invités à rencontrer toutes les catégories de personnes, à nous mettre à leur portée, en toute humilité, à percevoir le cœur même de l’homme, tel qu’il est et non par rapport aux apparences.

De quoi l’être humain est-il pauvre ? De biens matériels et spirituels, de savoir, de santé…

De quoi l’être humain pauvre est-il riche ? De son détachement par rapport aux biens matériels, de sa facilité de rencontre avec un autre pauvre, de son indépendance d’esprit, sa simplicité, sa patience, sa confiance, sa liberté de dire la vérité.

Comment le pauvre agit-il comme acteur dans la société ? Par sa présence, il peut influencer une décision, mais encore faut-il que nous demandions son avis. Il peut apporter le respect de sa condition, du bien commun. Il rappelle toujours la dépendance des uns par rapport aux autres, que l’économie ne doit pas être à son propre service, que l’on peut se contenter de peu, et, s’il est croyant, il reconnait qu’il est révélateur de Dieu.

 A l’issu de la conférence, nous avons pu profiter largement du soleil en nous regroupant à l’extérieur où nous avons échangé en équipes brassées, sur notre ressenti par rapport à cette question personnelle : « Comment les pauvres m’ont-ils évangélisé ? ».

Comme à l’habitude, l’organisation était au top et l’ambiance très fraternelle. Merci  à tous ceux qui ont œuvré pour la réussite de cette journée ».